Abeille : Le retour du frelon asiatique

Publié le 30/04/2021

Au printemps, l’arrivée des beaux jours réserve une bien mauvaise nouvelle pour les abeilles. C’est à cette époque que le frelon asiatique refait surface. Le président de l’Union Syndicale Apicole du Roussillon (USAR), Daniel Boubel, évoque ce terrible prédateur.

Plusieurs frelons asiatiques en vol stationnaire devant une ruche, prêts à bondir sur la moindre abeille. La scène est un cauchemar pour bon nombre d’apiculteurs. Arrivé, caché dans des poteries provenant d’Asie en 2004, le vespa velutina a depuis colonisé une bonne partie de l’Europe. « Le frelon asiatique est une espèce robuste et envahissante qui s’adapte à différents environnements assez vite, il est présent dans tout le pays » indique Daniel Boubel. Un insecte vorace qui a néanmoins un tendon d’Achille: « le frelon asiatique ne résiste pas au froid, il n’est pas trop présent en altitude » raconte le président de l’USAR.

Un cycle de vie bien réglé

Les colonies de frelons asiatiques suivent le même cycle de vie « tout part d’une reine fondatrice, qui a passé l’hiver à l’abri du froid et des intempéries » précise Daniel Boubel. Dès que les températures augmentent, les reines sortent et se mettent au travail « la fondatrice va créer un premier nid de la taille d’une balle de tennis environ » souligne l’apiculteur. La reine y développe alors sa colonie en pondant. Peu à peu, le nid s’agrandit au rythme de la population « tous les frelons sont issus de la reine fondatrice, à son apogée le nid accueille entre 2000 et 3000 frelons asiatiques ». Pour nourrir les larves et assurer la croissance de la colonie, le vespa velutina s’attaque à tous: libellule, guêpes, animaux morts, abeilles… « Ils cherchent des protéines et n’ont peur de rien. En zones rurales, les frelons mangent 1/3 d’abeilles et 2/3 d’autres insectes, mais ce ratio s’inverse en ville » alarme Daniel Boubel.

Cela engendre un impact considérable sur les abeilles et leurs protecteurs. « Les frelons tuent les abeilles pour se nourrir, ils peuvent rapidement détruire une colonie. De plus, leur présence crée du stress chez les abeilles » explique Daniel Boubel. Ce stress est tout aussi néfaste, il pousse les pollinisatrices à rester au sein de la ruche, ce qui les condamne à terme.

Comment lutter ?

Le frelon asiatique anéanti chaque année des milliers d’abeilles, « forcément certains agriculteurs modestes sont découragés et finissent par arrêter » regrette le président de l’USAR. Pour les autres, ils luttent par différents moyens. Le premier consiste à piéger les envahisseurs, par le biais de pièges plus ou moins efficaces (bouteilles, cloches…). « Le printemps est la période idéale pour piéger, car on peut attraper les reines fondatrices qui sont attirées par le sucre » précise Daniel Boubel. Pour les attirer, un mélange bière, cassis et vin blanc peut suffire. En plus des pièges, certains apiculteurs ont inventé des combines pour protéger les abeilles autour de la ruche avec des grilles, des « muselières » (cf photo). Le but étant de limiter les frelons et à l’avenir de les éradiquer, chose réussie dans les Îles Baléares notamment.

Dans l’ensemble, la lutte contre le frelon asiatique est assez difficile. Chaque année l’USAR tente de sensibiliser la population sur ce danger afin de protéger les abeilles, la biodiversité mais aussi les hommes. « Le frelon asiatique peut aussi attaquer les hommes et cela peut s’avérer très grave dans certains cas » ajoute le passionné d’apiculture.

Pour plus de renseignements sur le frelon asiatique, son impact, les pièges, les nids…rendez-vous sur le site internet de l’Union Nationale de l’Apiculture Française.

Exemple de pièges. © Daniel Boubel
« Muselière Fernando » pour protéger les abeilles. © Daniel Boubel