Liaison gazière entre Barcelone et Marseille : Carole Delga écrit à Macron

Publié le 18/11/2022

Carole Delga, présidente de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranéevient d’adresser au Président de la République un courrier suite à l’annonce par Emmanuel Macron le 20 octobre dernier, à l’occasion du Conseil européen, de la construction d’un “nouveau corridor énergétique vert” qui reliera Barcelone à Marseille (projet BarMar).Elle y défend notamment une prise en compte des infrastructures présentes en Occitanie dans le tracé du projet.

Ce projet, qui prévoit la connexion gazière du Sud avec le Nord de l’Europe, au moyen d’un pipeline reliant la Catalogne et le port de Marseille, s’inscrit dans les objectifs du plan européen « Repower UE ». A l’horizon 2030, les gouvernements espagnols, français et portugais, prévoient un basculement de l’infrastructure BarMar du gaz naturel vers de l’hydrogène.

A l’occasion de ce courrier, Carole Delga a notamment déclaré:

« Le projet BarMar tel qu’il a été annoncé propose un tracé direct sous-marin entre Barcelone et Marseille, contournant ainsi les projets de production et d’usages des territoires d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine.

Or depuis 2019, l’Occitanie construit à Port-La-Nouvelle, avec l’aide de l’Etat et le soutien de la Banque Européenne du Climat, un port précurseur de la transition énergétique, avec une usine de production d’hydrogène vert en lien avec l’éolien flottant. Ce projet portuaire, porté par les investisseurs industriels, comprend également des capacités de stockage et d’importation par voie maritime.

Les acteurs économiques du grand Sud-Ouest sont aujourd’hui porteurs de nombreux projets de décarbonation de leurs productions et de leurs usages, à base d’hydrogène. Cela concerne aussi bien la métallurgie, la cimenterie, que la construction, et bien-sûr l’aéronautique. Les acteurs régionaux de la mobilité comme de l’énergie sont également en attente, des écosystèmes de Lacq-Pau, à celui de Tarbes ou de Béziers.

Les implications de la connexion gazière, et demain hydrogène, du projet BarMar sont ainsi massives pour le territoire regroupant l’Occitanie et la Nouvelle Aquitaine, qui représente plus de 17% de la population française, mais aussi plus de 14% de notre PIB et un excédent commercial de 5 milliards d’euros.

Tous ces éléments concourent à faire potentiellement de Port-La-Nouvelle un site relai de BarMar ».

C’est dans cet esprit que Carole Delga a demandé au président de la République d’évaluer la pertinence d’un tracé intégrant les infrastructures et dessertes déjà présentes dans les Régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie, dans le respect des zones naturelles et de la biodiversité.